Body House > Blogosphère > Conseils sexo > Éjaculation précoce : Comment éjaculer moins vite ?
Éjaculation précoce : comprendre et apprendre à retarder l’éjaculation
L’éjaculation précoce est aujourd’hui l’un des troubles sexuels masculins les plus fréquemment évoqués. Selon les études, elle concernerait entre 20 % et 30 % des hommes au cours de leur vie.
Mais s’agit-il réellement d’un problème médical, ou d’une interprétation moderne d’un phénomène naturel ? Longtemps, la rapidité d’éjaculation a été associée à la virilité et à la fertilité, et n’était pas perçue comme un trouble.
D’un point de vue physiologique, une éjaculation rapide n’a rien d’anormal : chez de nombreuses espèces animales, le rapport sexuel dure seulement quelques secondes – environ 3 secondes chez le lapin, 10 secondes chez le lion ou encore 15 secondes chez le bonobo.
Avant de chercher des solutions, il est donc essentiel de comprendre ce qu’est réellement l’éjaculation précoce, et surtout de replacer ce phénomène dans son contexte.
Définition de l’éjaculation précoce
L’éjaculation dite précoce est nommée ainsi car elle arrive trop tôt par rapport à ce que souhaiterait l’homme ou son/sa partenaire. Chez certains hommes, l’éjaculation peut même se déclencher avant l’acte sexuel. Elle est donc techniquement plus prématurée que précoce.
La définition médicale de l’éjaculation précoce est la suivante :
« Trouble de l’éjaculation permanent ou récurrent, qui survient lors de stimulations sexuelles minimes, avant, pendant ou juste après la pénétration et avant que le sujet ne souhaite éjaculer. Elle doit être présente depuis au moins 6 mois et entraîner une souffrance marquée, ou des problèmes interpersonnels, sans être due exclusivement aux effets directs d’une substance. L’accident ponctuel, ou la rapidité lors des premiers rapports de la découverte de la sexualité, n’entrent pas dans ce cadre ».
Cette définition fait appel au sentiment de contrôle et au désir de faire durer le rapport, qui sont pourtant fondamentalement subjectifs et propres à chacun. En revanche, la satisfaction du partenaire n’est à aucun moment prise en considération ici ; or, l’un des objectifs poursuivis dans la sexualité du couple est de permettre à l’autre d’avoir le temps de prendre son plaisir. Et c’est précisément ce qui rend parfois ce trouble si culpabilisant pour les hommes, qui passent ainsi soit pour des incompétents à gérer leur excitation, soit pour des égoïstes.
Mais alors, combien de temps devrait durer un rapport sexuel pour être satisfaisant ?
Après des années de recherche, des scientifiques en ont conclu que la durée idéale se trouvait entre 3 et 7 minutes, hors caresses et préliminaires. Nous voilà bien loin des croyances populaires, qui annoncent qu’un rapport doit durer au moins une demi-heure pour être satisfaisant. À partir de ces nouvelles données, la définition de l’éjaculation précoce a évolué et parle depuis 2008 d’« une éjaculation qui survient toujours ou presque toujours avant la pénétration, ou au plus tard environ une minute après celle-ci ».
Connaître ce trouble sexuel pour mieux le traiter
Il peut exister différents types d’éjaculation prématurée. Afin de proposer le traitement le mieux adapté il est nécessaire d’en savoir le plus possible. Le premier critère à connaître est la date à laquelle est apparu le trouble dans la sexualité de la personne concernée.
Si l’éjaculation prématurée a toujours existé, elle est dite primitive. Dans la majorité des cas, elle concerne les hommes qui n’ont pas su développer un contrôle suffisant de leur excitation sexuelle. Cette dernière s’intensifie alors trop tôt et déclenche le réflexe. Elle peut et va persister dans le temps si aucun apprentissage ne se fait, néanmoins elle a tendance à disparaître légèrement en vieillissant, surtout après 50 ans.
Si elle est apparue à un certain moment de la vie sexuelle, si elle ne se manifeste qu’avec certaines partenaires, que dans certaines conditions ou lors de certaines pratiques, elle est dite secondaire. La cause psychologique est alors souvent privilégiée, mais une cause médicale (prise ou arrêt de certains médicaments ou de certaines substances illicites) peut également être envisagée.
Un thérapeute saura prendre le temps de faire cette évaluation, afin d’orienter la personne atteinte de ce trouble vers l’option la plus pertinente.
Comprendre l’éjaculation, pour appréhender sa prématurité
Un réflexe corporel
L’éjaculation est un processus réflexe déclenché lorsque l’excitation atteint un certain seuil, propre à chacun. Ce réflexe fait intervenir une séquence de réponses musculaires involontaires, qu’il est illusoire de vouloir contrôler. En revanche, il est possible de retarder son déclenchement, compte tenu qu’il n’intervient qu’à partir d’un certain niveau de stimulation. De plus, il a récemment été observé que quand le couple est satisfait sexuellement, la durée du rapport importe peu.
Peut-on contrôler son éjaculation ?
Pour faire clair : non, l’homme ne peut pas contrôler son éjaculation. En revanche, en maîtrisant son excitation, il peut la maintenir en-dessous du niveau qui déclenche le réflexe éjaculatoire. Cela fait intervenir de nombreuses données, comme ses perceptions sensorielles, son psychisme, ses tensions musculaires, sa respiration et bien sûr son niveau de stress. Autrement dit, si un homme désire prolonger un rapport il doit se concentrer sur le contrôle de son excitation, plutôt que de chercher à empêcher l’inévitable.
L’éjaculation prématurée, un impact conjugal autant que social
Selon une enquête réalisée en 2012, la plupart des Français connaissent ce trouble. 50 % des hommes déclarent avoir déjà souffert d’éjaculation précoce, à un moment de leur vie, et 43 % des femmes y auraient déjà été confrontées.
De fait, l’éjaculation précoce fait peser sur le couple le risque de les entraîner dans un cercle vicieux, qui va altérer toutes les dimensions de la relation. Les conflits et tensions qui vont en découler vont à leur tour augmenter les risques d’éjaculation précoce. D’ailleurs, 37 % des femmes confrontées au problème indiquent une baisse de désir sexuel, alors que 85 % des hommes dénoncent un impact négatif sur leur estime d’eux-mêmes.
Malgré cela, deux tiers des hommes concernés n’ont jamais cherché d’informations sur le sujet. Et lorsqu’ils le font c’est principalement sur Internet, où ils risquent d’être happés par des vendeurs de solutions miracles. Ils ne sont que très peu à consulter un sexologue, peut-être par fierté mais aussi et surtout probablement par méconnaissance des solutions efficaces qui existent.
Tour d’horizon des traitements et solutions à l’éjaculation précoce
Depuis des années, les tentatives plus ou moins efficaces ont fleuri pour tenter de contrôler le réflexe éjaculatoire. Nous allons passer en revue quelques-unes des solutions proposées, en tentant de les analyser, mais avant tout il faut savoir qu’un sexologue procédera à ce que l’on appelle un recadrage cognitif, qui est un prérequis à toutes les méthodes cherchant à traiter l’éjaculation prématurée.
Ce recadrage consiste à réfuter les fausses croyances (souvent induites par la pornographie) et à distiller les informations nécessaires à la compréhension du phénomène et de ses mécanismes. Le sexologue va ainsi évaluer les connaissances du patient, en discutant avec lui, pour ensuite lui dispenser toutes les informations utiles et présenter toutes les options qu’il peut proposer.
C’est une méthode classique, fortement conseillée quand l’éjaculation prématurée est primitive. Vous pourrez vous entraîner avec votre main. Chez Body House, on vous propose des masturbateurs réalistes, pour un entraînement au plus près des sensations ressenties avec un(e) vrai(e) partenaire. Vous pourrez apprendre à mieux gérer le moment de l’éjaculation en condition presque réelle. Attention toutefois à ne pas devenir addict aux plaisirs solitaires !
Certains utilisent des crèmes et sprays anesthésiants. Ces produits sont à appliquer tout autour du gland, une dizaine de minutes avant le rapport afin d’en diminuer la sensibilité. Si ces produits ne sont pas dénués d’une certaine efficacité en termes de durée du rapport, il en est tout autrement concernant le plaisir. En effet, en anesthésiant la zone la plus sensible du pénis, les sensations sont parfois supprimées. Il ne faut pas non plus oublier que ces produits risquent d’entrer en contacts avec les parties intimes de la partenaire. La bouche, le vagin, risquent donc à leur tour d’être désensibilisés si l’homme ne prend pas la peine d’essuyer le surplus.
Le port du préservatif pendant le rapport est souvent noté comme une aide précieuse au contrôle de l’excitation, par les éjaculateurs prématurés. En combinant les deux méthodes précédentes, on a vu apparaître des préservatifs retardants. Ceux-ci contiennent, dans leur fond, une petite dose de gel anesthésique.
Toujours avec pour objectif d’empêcher la libération du sperme, les cockrings en métal ou en latex ont été inventés et font garrot à divers endroits sur la verge. Non contents d’empêcher l’éjaculation prématurée, ces dispositifs permettent même souvent d’avoir des rapports plus longs que la normale.
Le principe est simple, même si sa mise en application est plus compliquée. Il faut d’abord apprendre à identifier et à évaluer son niveau d’excitation (entre 0 et 10, le déclenchement de l’éjaculation se faisant à 9). Ensuite, pendant le rapport, dès que le niveau dépasse 6 ou 7, il faut arrêter tout mouvement dans le vagin puis respirer amplement et se décontracter. Lorsque l’excitation revient à un niveau acceptable, il est possible de reprendre la pénétration et les mouvements. Compte tenu que cette méthode est imposée au couple, il faut une parfaite adhésion de la partenaire, sans quoi vous risqueriez de voir des conflits apparaître.
La méthode du « squeeze »
Plusieurs techniques existent. Elles consistent généralement à exercer une forte pression au niveau de la partie inférieure du gland, pendant une dizaine de secondes, dès que l’homme ressent l’imminence de l’éjaculation. Certains y associent une compression de la base de la verge. Une fois la sensation passée, le rapport peut reprendre jusqu’à la prochaine montée sensorielle ou le procédé devra être reproduit.
Cette technique nécessite d’être apprise et répétée, d’abord lors de la masturbation, puis par et avec la partenaire. Ce n’est qu’ensuite qu’elle est testée en condition réelle.
Attention toutefois, ce n’est pas la méthode la plus appréciée des partenaires, qui ont l’impression de faire l’amour en pointillé.
La rééducation par « bio feedback »
La participation des muscles du périnée dans l’éjaculation est indéniable. Une des options thérapeutiques de l’éjaculation prématurée consiste donc à une réhabilitation fonctionnelle de ces muscles périnéaux, par des spécialistes du périnée. Si le travail entre les séances est assidu, les résultats peuvent rapidement être au rendez-vous.
Les traitements médicamenteux
Des médecins ont observé que certains patients sous antidépresseurs se plaignaient d’avoir des difficultés pour éjaculer. C’est ainsi que depuis 2013, on a vu apparaître un médicament dérivé de l’une de ces molécules, développé spécifiquement pour lutter contre l’éjaculation précoce. Ce médicament qui a le pouvoir de retarder le déclenchement du réflexe, ne guérit pas le trouble bien sûr mais il permet d’améliorer ponctuellement la situation tant que la médication est prise. Il nécessite par ailleurs d’être pris de 1 à 3 heures avant le rapport, et donc de programmer la relation. Bon nombre de spécialistes pensent toutefois que ce médicament seul ne peut traiter le problème, et qu’il doit forcément s’accompagner d’une prise en charge en sexothérapie.
La circoncision
Proposée depuis de nombreuses années comme une alternative de traitement de l’éjaculation prématurée, la circoncision n’a jamais prouvé qu’elle la traitait. D’autant que contrairement aux idées reçues, il y a rarement d’hypersensibilité du gland.
La psychothérapie
Les psychothérapies ont pour objectif de « traiter par l’esprit » des souffrances non seulement psychiques mais aussi physiques.
Les approches sont nombreuses et répondent à des modèles théoriques différents, néanmoins elles poursuivent toutes le même objectif : établir une relation interpersonnelle entre le patient et le thérapeute dans le cadre d’un contrat de soin.
C’est cette relation de confiance qui va permettre de favoriser chez le patient des changements dans son fonctionnement émotionnel ou comportemental, et lui permettre de soigner ses souffrances ou ses troubles comportementaux. Dans de nombreux cas, l’éjaculation précoce est le résultat d’un excès de stress et d’anxiété qui se manifeste pendant le rapport sexuel. Lorsque le patient est adhérent et volontaire, cette technique donne de bons résultats.
L’hypnose
Pratiquée par de nombreux psychothérapeutes et sexologues, elle est une alternative thérapeutique qui peut s’avérer très efficace. Mais comme tous les traitements de l’éjaculation prématurée, elle ne fonctionne pas chez tous car les facteurs impliqués dans l’éjaculation prématurée sont nombreux et variés.
La sophrologie
La sophrologie regroupe un ensemble de techniques de méditation, de yoga et de relaxation. Lorsque l’état d’esprit du patient le permet, et qu’il existe une adhésion totale de celui-ci, cette méthode donne des résultats. Comme tous les apprentissages, elle nécessite du travail et de l’assiduité afin que les résultats soient durables.
La relaxation
On y retrouve des outils empruntés aux grands courants de la psychothérapie, mais aussi des techniques dérivées du yoga ou des méthodes de méditation et de pleine conscience. Lorsque le patient prend le temps de cet apprentissage (ce qui est déjà un challenge pour les personnes qui ont généralement un rapport particulier au temps), ces techniques peuvent se révéler utiles et efficaces.
L’approche sexo-corporelle
Il s’agit d’une approche clinique, créée il y a une trentaine d’années par Jean-Yves Desjardins au Canada. Basée sur le principe des interactions « corps-cerveau/cerveau-corps », l’approche sexo-corporelle permet de contrôler la montée de la tension sexuelle lors de l’excitation. Le principe est assez simple à comprendre, même si sa mise en application demande des apprentissages et un peu d’entraînement. Elle va consister à faire varier de nombreuses composantes qui modulent l’excitation, et pas seulement les mouvements corporels (rythme, tension musculaire, respiration …). Lorsque les habiletés sont acquises, le problème est en général maîtrisé. De plus, l’estime de soi est renforcée lorsque l’on a réussi à maîtriser les choses sans artifices et que l’on peut vivre sa sexualité de manière satisfaisante.
Les thérapies cognitivo-comportementales
La thérapie cognitivo-comportementale est une thérapie dite brève. Son objectif est de corriger les pensées négatives à l’origine d’émotions pénibles, et par l’apprentissage de nouveaux comportements à dépasser les symptômes posant problème.
Conclusion sur cette pathologie sexuelle
Nous ne vous avons présenté ici qu’un panorama de ce qui existe.
Dans tous les cas, il faut de la patience et travailler avec assiduité, et surtout si une méthode ne fonctionne pas il ne faut pas hésiter à en essayer une autre.
La question de l’éjaculation prématurée est complexe. Le rapport au temps et sa perception, l’intérêt pour le plaisir de la partenaire, etc… sont des facteurs relevant des importances très différentes d’un individu à l’autre, et font que certaines personnes souffrent de cette précocité alors que d’autres s’en accommodent très bien. Les causes peuvent également être multiples et font intervenir le psychisme, le physique, le sensoriel, le stress ou encore la respiration.
Pour toutes ces raisons, il est nécessaire de la prendre en charge dès que possible, afin d’en faire une analyse précise et de pouvoir proposer un plan de traitement personnalisé. Nous l’avons vu, la gestion de l’éjaculation prématurée découle souvent d’un apprentissage à faire ; certains ont développé, d’instinct ou au cours de leurs expériences, toutes les habiletés nécessaires au contrôle de l’excitation, tandis que d’autres ne peuvent que constater leur impuissance à empêcher le déclenchement du réflexe.
Consulter un professionnel
Consulter un sexologue permet donc d’en déterminer l’origine.
Chaque sexologue emploiera l’une ou l’autre des méthodes présentées ci-dessus, par formation ou par conviction. Il pourra vous proposer un réel plan de traitement, qui sera réajusté au fur et à mesure des acquis. Ne vous découragez donc pas si une méthode n’a pas marché, ce n’est pas un échec.
C’est juste qu’il faut travailler un autre facteur, pour compléter le travail commencé. Il faut donc de la patience, sans oublier que le temps joue pour vous puisqu’à la faveur de l’avancée en âge, le réflexe se fait moins pressant.
L’éjaculation précoce est un trouble sexuel caractérisé par une perte de contrôle de l’éjaculation, qui survient plus rapidement que souhaité, souvent peu après le début du rapport ou même avant. Elle devient problématique lorsqu’elle est vécue comme une gêne ou une frustration.
Oui. C’est l’un des troubles sexuels les plus courants chez l’homme, touchant une part importante de la population à différents moments de la vie.
Les causes peuvent être multiples :
stress ou anxiété de performance
hypersensibilité sexuelle
facteurs psychologiques liés à l’expérience ou au contexte
parfois des facteurs biologiques ou hormonaux
Non. Il peut s’agir d’un mélange de facteurs psychologiques et biologiques. Dans de nombreux cas, le stress et la pression jouent un rôle important, mais ce n’est pas systématiquement la seule cause.
Oui. Il existe plusieurs approches :
exercices de contrôle et de respiration
travail sur le stress et la confiance
thérapies comportementales ou sexologiques
certains traitements médicaux dans les cas persistants
Si cela devient source de frustration, de mal-être ou de tension dans le couple, il est recommandé d’en parler à un professionnel de santé ou à un sexologue.
Découvrez nos autres articles
En quête d‘épanouissement sexuel ? Découvrez tous nos articles dédiés à la quête du plaisir et à la découverte de soi en toute bienveillance.