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Être transsexuel.le, transgenre ou travesti.e , c'est quoi la différence ?

Publié le : 08/05/2020 09:00:00 | Catégories : Plaisir du couple , Plaisir féminin

Être transsexuel(le), transgenre ou travesti(e), c'est quoi la différence ?

Binaire

1- Identité de genre 

L'identité de genre c'est le fait de se sentir homme, femme, les deux ou ni l'un ni l'autre, indépendamment de ses attributs génitaux.

  • Transgenre : C'est affirmer une identité de genre différente de celle que l'on nous a attribuée à la naissance. Pour faire clair, cela peut concerner une personne qui se revendique homme, femme ou autre, sans tenir compte de son sexe biologique. Mais cette personne n'a pas spécifiquement envie ou besoin de changer ses attributs sexuels pour autant. 
  • Transsexuel(le) : C'est lorsque l'on subit une (ou des) opération(s) afin de changer de sexe et faire correspondre son corps à son identité de genre. Ainsi, une personne naissant avec des attributs génitaux masculin, et se faisant opérer pour les changer en attributs génitaux féminins, sera alors considérée comme une femme trans. 

Cependant, le mot transsexuel a des connotations péjoratives au sein de la communauté LGBTQI+, du fait de l'histoire médicale de ce terme. Prenez donc soin d'écouter la personne trans et de faire attention aux termes employés lorsqu'elle se désigne, afin de la respecter et d'éviter des quiproquos.

  • Queer ou Gender Queer : Il existe autant de genres que d'individus. Ainsi, vous pourrez rencontrer des personnes non-binaires, qui refusent une Société qui ne reconnaît que le genre binaire (homme/femme) et se définissent en dehors de ces normes, des personnes cisgenres qui sont strictement du genre assigné à leur naissance, et bien d'autres encore !

2 - Expression de genre 

C'est la façon dont les personnes se dévoilent en public. Ainsi, cela peut passer par les vêtements ou bien la façon de s'exprimer. Qu'elle soit féminine, masculine ou en dehors du genre binaire, tout le monde a une expression de genre.

  • Androgyne : C'est une personne dont l'expression de genre possède des traits à la fois masculins et féminins, et qui ne s'inscrit donc pas dans la catégorie binaire du genre. Un exemple sera sûrement plus parlant : Le chanteur Prince et la chanteuse Mylène Farmer ont des looks androgynes.
  • Travesti(e) : C'est le plaisir de se déguiser dans un genre qui n'est pas le sien. Ainsi la personne revêt, selon une Société donnée, des vêtements généralement associés au sexe opposé du sien. Cette pratique s'appelle dans le milieu du cross-dressing. Cela n'a donc rien à voir avec une identité de genre.

3 - Caractère Sexuel 

Cela ne correspond ni à l'identité de genre, ni à une expression de genre. C'est le fait d'avoir des caractères sexuels (génitaux, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions binaires types des corps masculins ou féminins. Cette définition s'applique aux personnes dites intersexes.

Ainsi, vous comprenez maintenant la différence entre une identité de genre et une expression de genre. Attention également à ne pas confondre identité de genre et orientation sexuelle, qui sont encore deux termes bien distincts. Si vous vous sentez un peu perdu(e) à ce stade, c'est normal. Sachez que les personnes trans sont également parfois perdues entre ce qu'elles sont et la représentation qu'elles ont d'elles-mêmes. Cela peut engendrer ce que l'on appelle de la dysphorie de genre. Mais qu'est-ce que c'est ? 

Changement de sexe et d'identité

La dysphorie de genre, c'est le terme employé pour qualifier l'angoisse émotionnelle que peut ressentir une personne trans face au sexe qu'on lui a attribué à la naissance, ou à son corps qui serait contraire au genre auquel elle s'identifie. Afin de soulager ce sentiment de détresse, une transition peut être effectuée afin de permettre à cette personne de se sentir en adéquation avec son corps.

Il existe donc plusieurs étapes de transition, qui peut être partielle ou complète. Rien n'est obligatoire, cela se fait en fonction du ressenti de la personne trans. La transition n'est pas une étape linéaire, et se fait selon les besoins et les envies de la personne concernée. 

Il existe 3 types de transitions, que la personne est libre de passer ou non. 

1 - La transition identitaire : 

C'est le fait d'enclencher le processus de changement du "rôle de genre" de façon permanente, en accord avec l'idée de ce que signifie être un homme, une femme ou gender queer. Ainsi, la personne trans pourra passer par des processus de :

  • Hormothérapie, qui sera obligatoirement accompagnée d'un suivi médical important, avec des bilans médicaux réguliers. Il existe des traitements hormonaux (TH) "masculinisants" et "féminisants" sous diverses formes. 
  • La chirurgie, pour permettre une mise en concordance des organes sexuels apparents. Étant donné que ce type d'opération, comme la phallopalstie ou la vaginoplastie, sont des opérations lourdes, leur accord n'est obtenu qu'à la suite d'un examen psychologique soigneux. Cela permet de s'assurer de la solidité de la demande de la personne trans. Si cette personne a suivi au préalable un TH, cela pourra aider à appuyer sa demande chirurgicale. 

Bien entendu, ces étapes ne sont ni une obligation, ni une nécessité pour affirmer son genre et qu'il soit reconnu. Ce sont des procédures longues et difficiles, autant physiquement et psychologiquement que d'un point de vue administratif. 

2 - La transition sociale : 

Souvent la transition la plus adoptée, elle consiste à exprimer son genre. Notamment en changeant de prénom et en faisant correspondre les pronoms au genre exprimé par la personne trans. Mais il existe d'autres types de changements pour procéder à une transition sociale, comme :

  • Un changement vestimentaire ;
  • La gestion de la pilosité ;
  • Le maquillage, etc.

Bien que ces méthodes soient moins onéreuses que les changements physiques constants, cela peut tout de même engendrer des souffrances chez les personnes trans. Elles peuvent être confondues avec des personnes travesties, et en cas de contrôle policier, elles peuvent être amenées dans un processus de "justification" qui risquerait d'être peu/pas compris par l'interlocuteur.

ATTENTION ! Ce n'est pas parce qu'une personne se laisse pousser des poils ou qu'elle se maquille qu'elle est forcément trans ou travestie. Il ne faut pas confondre expression de genre et envies esthétiques. 

3 - La transition légale : 

Bien que les deux autres types de transitions ne soient pas simples à vivre, celle-ci reste, en France, l'une des plus compliquées à mettre en place. Et ce, malgré les changements de Loi du 1er avril 2017 visant à simplifier le changement de sexe et de prénom sur les pièces d'identités. Ainsi, pour changer de sexe sur les documents d'État Civil, il faudra :

  • Passer devant le Tribunal de Grande Instance,
  • L'affaire sera ensuite débattue en Chambre du Conseil, après que le Ministère Public aura transmis son avis,
  • La décision sera alors rendue hors présence du public.

Cette demande est gratuite et peut se faire sans l'intervention d'un Avocat. 

Pour changer de prénom, la demande doit être portée devant l'Officier de l'État Civil de la Mairie. Cela demande donc beaucoup de temps, de patience et d'énergie. De plus, cela peut être vu comme très humiliant de devoir attendre l'avis d'un Tribunal pour avoir le "droit" de s'identifier dans le genre que l'on ressent. 

Drapeau trans

Importance de la tolérance

Avant d'être reconnues comme telles, les personnes trans étaient considérées comme "aliénées". Mais le 8 février 2010, le transsexualisme a été retiré de la liste des affections psychiatrique de longue durée répertoriées par la Sécurité Sociale. Ainsi, la France est le premier pays au Monde à sortir le transsexualisme de la liste du DSM V, le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux, le modifiant par "dysphorie de genre" et apportant des nuances. Malheureusement, cela n'empêche pas la transphobie d'exister, et cela que ce soit dans le milieu du soin, de l'administration, de l'emploi, etc.

Il est important donc de respecter le choix de la personne trans, de l'appeler par le prénom auquel elle se réfère et se désigne ainsi que par les pronoms qu'elle utilise pour elle-même. Par exemple, aux État-Unis, l'emploi du pronom neutre " they" est une bonne façon de contourner la question délicate des pronoms. En Suède, un pronom neutre "Hen" a carrément été créé pour éviter les stéréotypes liés au genre. En France c'est un peu plus compliqué, puisque les pronoms neutres n'existent pas. Cependant, avec l'écriture inclusive, cela peut être amené à changer.

Conclusion 

La transidentité n'est pas qu'une question d'apparence physique, c'est avant tout un ressenti intérieur, intime et personnel. Les personnes trans ne font pas cela pour se rendre intéressantes, mais parce qu'elle ont l'intime conviction d'avoir une autre identité de genre que celle qu'on leur a donnée à la naissance. De plus, il ne faut pas oublier que les personnes trans sont régulièrement confrontées à des violences (physiques, morales, verbales) et sont victimes de discriminations et d'isolement. Elles sont aussi particulièrement exposées à des discriminations à l'embauche, et peuvent être sujettes au harcèlement dans leur environnement familial, ce qui peut les conduire à des situations d'extrême précarité et de mal-être psychique. 

Parce que personne n'aime être désigné par tels ou tels attributs, qu'ils soient physiques ou autres, le respect de la personne dans sa globalité doit être une priorité, voire une ligne de conduite à laquelle tout le monde devrait se tenir.

Car comme dirait le dicton : "Ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse".